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Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 23:22

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Par Perlune - Publié dans : Dessin fractal - Communauté : La Vérité Est Ailleurs
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Dimanche 26 septembre 2010 7 26 /09 /Sep /2010 14:48

Puisque ce sont les pages sur les fractales qui me rapportent le plus de visites, voilà pour vous. :p

 

Apophysis-100926-14.png

Par Perlune - Publié dans : Dessin fractal - Communauté : La Vérité Est Ailleurs
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Vendredi 24 septembre 2010 5 24 /09 /Sep /2010 15:57

(ndla: ce n'est pas souvent que j'utilise le 5!) XD

 

La seconde aube naissante nous donna le loisir de contempler ce qui restait du passage de la Légion Noire, c’est-à-dire pas grand-chose. Effectivement, elle n’avait pas usurpé sa réputation. Tout ce qui pouvait être cassé avait été cassé, tout ce qui pouvait brûler avait été brûlé... et bien entendu, tout ce qui pouvait être tué n’avait pas été épargné. Le spectacle qu’offrait ce paysage désolé, de l’autre côté de la rive, contrastait violemment avec la blancheur immaculée de la ville à travers laquelle nous roulions. Il suffisait de tourner la tête, et le rêve se transformait en cauchemar. On se serait littéralement cru à la limite entre le paradis et les enfers.

 

Les autres avaient accepté. Les abrutis. Pour une fois, j’étais tombée d’accord avec Yasushi, qui avait obstinément refusé de se laisser convaincre. Cette virée était un piège à con. Promesse de rédemption, mon cul oui. Tomoko avait vaguement protesté, mais avait fini par se laisser convaincre comme les autres. Je n’avais pas compris pourquoi il s’étaient laissés mener en bateau comme ça. Nous nous étions longuement disputés à ce sujet dans le wagon qui nous emmenait jusqu’à la ligne de front.

 

« Personne ne sera là pour contrôler ce qu’on fait, avait argumenté Reiko. Tu n’as pas envie de te sentir libre pour une fois dans ta vie ? »

« On pourra tenter de s’échapper » avait renchéri Shunsuke.

« Quitte à mourir, je préfère mourir en héros ! » avait lancé Katsuo d’un air inspiré.

 

J’avais très vite décidé d’arrêter de gaspiller ma salive à tenter de leur faire entendre raison. Je me consolais en me disant que les thérapies de Calme, c’était fini. Au moins, l’aventure promettait d’être... stimulante.

 

Nous nous étions ensuite montrés nos médaillons les uns aux autres. Comme je l’avais constaté précédemment, hormis la pierre et le message, tous avaient été taillés de façon strictement identique, avec la forme de spirale, et les trois épées entrecroisées derrière. Nous avions pris un cours de minéralogie express avant de partir, afin de reconnaître les pierres sur nos médaillons. Le mien portait un rubis, celui de Tomoko avait une perle, Shunsuke avait un médaillon avec une émeraude, Reiko un saphir, Yasushi une améthyste, et Manami un diamant. Celui de Katsuo était un peu particulier : il était en or massif – particularité dont il ne manquait pas de se vanter dès qu’il en avait l’occasion.

 

Nous avions également réfléchi au sens des messages gravés sur nos médaillons respectifs. S’ils étaient censés nous donner réellement des pouvoirs magiques, aucun d’entre eux ne s’était encore manifesté. D’ailleurs, lorsque Shunsuke avait voulu faire une démonstration de ses talents de passe-muraille, il s’était fait un magnifique bleu. C’était à me demander si je n’avais pas rêvé, si tout ça n’avait pas été une ingénieuse mise en scène de Nagamiya-sama pour se débarrasser de nous sans que nous ne discutions. S’en était suivi un débat sur la fameuse légende qui nous avait amenés ici.

 

Bref, tout le monde avait beaucoup parlé durant le voyage mais là, curieusement, la scène laissait tout le monde sans voix. Même Shunsuke ne semblait pas trouver de blague appropriée pour détendre l’atmosphère. Une boule commençait à se former dans mon estomac. Je prenais tout à coup pleinement conscience de la situation. Jusque-là, j’avais toujours un doute. Je me disais que Nagamiya-sama avait sûrement exagéré, qu’elle esayait de nous faire peur. En fait, non. Elle avait plutôt minimisé.

 

Shunsuke se décida enfin à briser le silence.

 

« Vous croyez qu’on va s’en sortir ? »

« Je m’attendais à ce que tu sortes une bêtise, railla Reiko. Ne sois pas sérieux comme ça, tu fais peur. »

 

Je ne dis rien. Mais Reiko-senpai avait entièrement raison : si Shunsuke commençait à devenir sérieux, ça voulait dire que la fin du monde n’était plus très loin.

 

Katsuo se leva et, de son air le plus confiant, déclara :

 

« Bien sûr qu’on va s’en sortir ! Les forces de la lumière gagnent toujours ! »

« Tu diras ça à la Légion Noire quand on la verra, répliqua Reiko. On verra s’ils s’enfuient en courant. »

« Il ne s’est encore rien passé, observa Yasushi, dubitatif. Rien ne prouve encore l’existence de la Légion Noire. »

« Quoi ? s’écria Shunsuke. Et ça, là... tu crois que c’est arrivé comment ? »

« Ca a pu arriver de plein de manières différentes. Ce n’est peut-être qu’une mise en scène à grande échelle. Vous êtes déjà venus ici ? Moi, non. Si ça se trouve, c’était déjà comme ça et ça n’a pas été reconstruit. »

« Ca m’étonnerait que le gouvernement aille si loin juste pour faire peur à une poignée de lycéens... »

 

Ainsi, Yasushi croyait toujours à un complot. J’aurais aimé y croire aussi, mais le vandalisme que j’avais sous les yeux semblait trop... authentique. Des grands vertueux auraient fait les choses plus proprement, avec plus de style. Ce que nous avions sous les yeux n’avait rien d’une oeuvre d’art. Ce n’était pas fait pour faire peur. Ce n’était fait pour rien, d’ailleurs. Ce avait plutôt été défait.

 

Le train s’arrêta juste assez longtemps pour nous laisser descendre, puis repartit. Nous devions être une trentaine, en tout. Aussitôt, un mec se pointa pour nous accueillir.

 

« Ah, des nouvelles recrues ! Je suis Kenji Matsuda. Alors vous aussi, vous avez envie de mourir ? »

« Après avoir entendu ça, je crois qu’il ne me reste plus d’autre choix » lâcha Reiko.

 

Le mec éclata de rire.

 

« Ah ! Une femme qui a du caractère... j’aime ça ! »

« J’aimerais pouvoir te rendre le compliment. »

 

C’est sur cette note de bonne humeur que nous découvrîmes l’avant-poste de fortune qui avait été monté par nos confrères, ceux qui étaient appelés à se sacrifier pour ce pays ingrat. Ils avaient monté des tentes le long du fleuve, ainsi que des espèces d’abris dans lesquels ils entreposaient diverses ressources. Reiko-senpai resta en arrêt devant le cellier, qui contenait toute la nourriture du contingent.

 

« Ici, ce sont nos armes ! » expliqua Kenji.

« Quoi ? m’écriai-je. Vous avez des armes ? »

« Ben oui. On ne va pas aller se battre à mains nues quand même ! »

 

Impressionnée, je pénétrai sous l’abri pour y découvrir tout un arsenal complètement hétéroclite. Il y avait des armes traditionnelles, dagues, épées, bâtons de combat, en sale état pour la plupart. A côté, il y avait également des armes plus modernes, que je n’avais pu qu’imaginer jusqu’alors. La plupart ressemblaient à de bêtes tubes en métal. J’imaginais mal comment ce genre de trucs pouvait faire mal à qui que ce soit.

 

« Vous tenez ça d’où ? »

« Oh, c’est le ministère de la culture qui a vidé ses musées pour nous. Mais ne t’emballes pas : pour les armes à feu, on a presque pas de balles. Et puis certaines marchent à l’électricité, et leurs batteries ne sont pas chargées. »

 

J’acquiesçais, dubitative. Pas étonnant que ce monde succombe à la moindre attaque. Pendant que je jetais un coup d’oeil aux armes et que Reiko se remplissait l’estomac, les autres s’étaient dispersés. Tomoko était partie tester le confort des lits. Katsuo racontait une histoire visiblement passionnante à un groupe qui était assis en cercle autour d’un feu. Manami, soigneusement cachée derrière lui, faisait exprès d’éviter les regards que lui lançait un mec en face d’elle. Shunsuke avait entamé une discussion, un peu à l’écart, et Yasushi semblait l’écouter attentivement. Pour ma part, je ne savais pas où aller. Je n’avais qu’une seule envie : qu’on me laisse seule.

 

Je sentis soudain la main de Kenji se poser sur mon épaule.

 

« Hé, Aki-chan ! Je t’invite à manger ? »

« Non, merci » répondis-je froidement en me dégageant.

 

Je m’éloignai d’un bon pas. La faim se faisant sentir, je songeai que manger n’était pas une si mauvaise idée après tout, et résolus de me diriger vers la réserve. Reiko-senpai s’y trouvait toujours. Elle avait l’air de se régaler.

 

« Ah, Aki-chan, fit-elle. Tu devrais goûter ce saucisson, il est fameux. »

« J’ai pas trop la tête à jouer aux gastronomes. »

« Moi, si. C’est peut-être mon dernier repas, alors j’aime autant en profiter... »

 

Encore cette philosophie défaitiste. Dépitée, je me détournai, et attrapai quelques trucs à grignoter. Puis je ressortis et décidai d’aller au bord de l’eau, à l’écart des autres. Je les observai de loin. Il y avait beaucoup d’animation. Paradoxalement, tous ces gens avaient l’air heureux d’être là. Ici, il n’y avait plus de vertu ni de vice, personne ne regardait votre bracelet, tout le mondé sa laissait aller. Je ressentais quelque chose d’étrange. Je n’allais pas bien, mais je me sentais mieux que je ne l’étais au lycée. Moins oppressée. Sans doute l’ivresse de la liberté dont avait parlé Reiko-senpai.

 

Au bout d’une dizaine de minutes, Kenji me rejoignit et vint s’asseoir à côté de moi.

 

« Bon appétit ! »

 

Je ne bronchai pas.

 

« Ah, Aki-san, désolé d’avoir manqué de délicatesse tout à l’heure... C’est très stressant d’être ici, quand on pense à ce pour quoi on est là... J’imagine que j’ai du mal à m’y faire... »

 

Il me tendit un morceau de pain. Je le fixai un instant, puis le saisit.

 

« Tu es là depuis longtemps ? »

« Trois jours seulement. Les autres ont tenté d’arrêter la Légion pendant qu’elle était en train de dévaster l’autre rive... Mais ils se sont presque tous faits massacrer... Alors on a décidé d’attendre qu’ils tentent de traverser le pont... Dès qu’ils se mettront à découvert, on aura une chance de les avoir à distance... »

« Tu les as vus ? »

« Moi, non, mais les quelques chanceux qui leur ont échappé m’ont raconté que ce sont des créatures à la peau entièrement noire, avec des cheveux gris. Ils se déplacent avec la même agilité que des chats, et se jettent sur tout ce qui bouge. Ils m’ont dit que leurs dents sont toutes pointues et qu’ils s’en servent pour égorger leurs victimes... »

 

Je frissonnai.

 

« Ils en rajoutent un peu, tu crois pas ? »

« Je ne sais pas. J’espère juste que je les rencontrerai le plus tard possible. »

 

Je hochais la tête, pensive. Je trépignais, mes jambes s’agitaient. Kenji le remarque et me demanda :

 

« Ca ne va pas ? »

« J’ai l’impression d’être en train de perdre mon temps. C’est peut-être mes dernières heures à vivre et je ne peux même pas en profiter pour faire quelque chose d’utile. »

 

Le regard de Kenji me suggéra qu’il avait une idée, lui, de comment occuper utilement ces dernières heures.

 

« Et... tu aimerais faire quoi ? »

« Je ne sais pas... Escalader une montagne. J’ai toujours rêvé de grimper au plus haut sommet du monde. »

 

Pour montrer que je suis capable de quelque chose, ajoutai-je en mon for intérieur.

 

« Alors on s’en sortira, dit doucement Kenji. On s’en sortira et on ira faire de l’escalade ensemble. »

 

En d’autres circonstances, je lui aurais mis une claque. Mais je n’étais pas d’humeur à m’énerver inutilement. Et ce Kenji, avec sa maladresse et sa spontanéité, avait quelque chose de touchant. Je souris légèrement.

 

« Okay. »

 

Je me rappelle m’être demandée, à ce moment-là, s’il allait me prendre la main. C’était, en quelque sorte, mes derniers instants d’innocence. J’en étais encore à des préoccupations futiles, à m’en faire pour ma petite vie, à perdre mes moyens devant quelques mots audacieux. C’était avant... avant qu’un crie ne s’élève un peu plus loin sur le rivage. Aussitôt, nous fûmes sur nos pieds. Le cri se transforma en un raz-de-marée de hurlements paniqués. Kenji et moi courûmes immédiatement dans leur direction. Tout à coup, j’aperçus, derrière une tente, un jet de liquide rouge s’élever dans les airs. Juste après, une tête, aux yeux exorbités d’horreur, suivit, et alla terminer sa course en rebondissant plus loin, dans la terre. L’horreur de la scène m’estomaqua.

 

C’est à ce moment-là que j’ai réellement perdu mon innocence. En un éclair, je réalisai que c’était pour empêcher ce genre de choses que l’on voulait éradiquer la colère de ce monde. Je me rappelais comment j’avais maltraité Yasushi, et j’eus la révélation foudroyante qu’en d’autres temps et en d’autres lieux, c’est moi qui aurais pu être à la place du bourreau que je venais de voir à l’oeuvre. Fort heureusement, je n’eus pas le loisir d’y méditer, car Kenji me saisit par le bras, m’entraînant vers la planque des armes. Je me ressaisis. Il avait raison : nous avions besoin de quelque chose pour nous battre.

 

Nous contournâmes l’abri, et comme j’allais pour prendre une épée, Kenji me mit dans les mains une de ces espèces de tubes métalliques.

 

« Prends ça, ce sera plus efficace. Surtout ne t’approche pas d’eux. »

 

Alors que j’essayais de comprendre comment la chose se tenait, il me frôla, et en profita pour précipiter son visage vers ma joue.

 

« Ne fais pas de bêtise, Aki-chan. »

 

Mon coeur bondit. Je détestais être prise par surprise comme ça. En serrant les poings, je pressai accidentellement la détente de mon arme. Des coups de feu d’une violence inouïe, pire que tout ce que j’avais jamais imaginé, partirent aussitôt. Des trous se creusèrent dans la toile de l’abri. J’essayai de reprendre empire sur moi-même, alors que mes yeux étaient exorbités et que mes membre tremblaient de partout. J’étais née dans un monde où la violence n’existait pas. Mais avant... le monde avait-il réellement été comme ça ? Moi qui pestais devant la mollesse du pacifisme ambiant, je me rendais soudain compte que la violence... me faisait peur.

 

Je secouai la tête. J’avais subi trop de chocs émotionnels en trop peu de temps. Mon coeur était en ébullition, prêt à exploser sur place. Dans un ultime sursaut de volonté, je décidai de le contenir, juste le temps que je me trouve une victime. Et là... ça allait chier.

 

Le spectacle que je découvris en ressortant de l’abri m’offrit une énième déconcertation. Les fameux démons à la peau noire dont on m’avait tant parlé étaient là. Ils étaient d’apparence beaucoup moins démoniaque que ce que j’avais pu imaginer, en fait. Ils avaient bien la peau noire, mais le côté démon s’arrêtait là. Ils n’avaient ni de cornes, ni de pattes de bouc. Ils étaient plutôt très... humains. Leurs traits différaient légèrement de ceux d’un humain normal, à vrai dire, mais ce n’était pas ma préoccupation première à ce moment-là.

 

En revanche, ce qu’il y avait de proprement démoniaque chez ces créatures, c’était leur façon de se battre. Et là, toutes les rumeurs étaient vraies. Ils se déplaçaient le dos courbé, les bras près du sol, comme des félins traquant leur proie. Puis ils se jetaient à la gorge de leur victime, le renversant à terre, et y plantaient profondément leurs dents avant de tirer leur tête en arrière pour mieux déchirer la chair. Ils ne parlaient pas, ils ne communiquaient pas entre eux. Ce n’était pas une armée. C’était une meute qui chassait, une nuée qui s’abattait et tuait, pour le simple plaisir de tuer.

 

Je me demandai brièvement par où ils étaient arrivés, mais la réponse ne tarda pas à me venir : ils avaient traversé le fleuve au lieu de passer par le pont, prenant ainsi le contingent par surprise. La moitié d’entre nous avaient déjà du y passer au moment où j’arrivai. Horrifiée, je brandis de mon mieux mon arme et appuyai sur la détente en poussant un hurlement sauvage. Les tirs fauchèrent trois ou quatre guerriers noirs. Leurs voisins, imperturbables, ne semblaient pas s’en préoccuper, et continuaient de tuer sans la moindre hésitation.

 

J’aperçus Katsuo, quelques mètres plus loin, engagé dans une lutte féroce avec l’un des chasseurs. Dans la confusion ambiante, je crus apercevoir celui-ci le lacérer de ses griffes, mais curieusement, Katsuo n’avait apparemment rien. Je n’étais pas sûre d’avoir bien vu, mais cela me fit néanmoins penser au médaillon que je portai toujours autour du cou. « Je conquiers l’invincible ».

 

« Médaillon, si tu as vraiment des pouvoirs, c’est le moment ou jamais ! »

 

Face à moi, je vis l’un des chasseurs achever une pauvre fille après l’avoir copieusement défigurée. Je le mis en joue. Il m’aperçut et se jeta dans ma direction. Je roulai sur le côté pour lui échapper. Mais l’arme que je portais était lourde et encombrante, et je n’avais pas l’habitude de me déplacer avec ça, aussi me reçus-je lourdement sur le bas du dos. Mon adversaire ne perdit pas une seconde et m’écrasa au sol tandis que je tentais de me relever. D’un coup de griffe, il faillit m’arracher la joue, fort heureusement, j’eus le réflexe de reculer la tête, de sorte qu’il trancha nette la chaîne qui retenait mon médaillon.

 

Alors, il se passa quelque chose. La créature aurait pu me découper en rondelles, ça m’aurait fait mal, très mal même, mais ce n’était rien en comparaison. Perdre mon médaillon, c’était comme si on m’avait arraché le coeur. Je sentis monter en moi, avec l’étonnement d’une spectatrice extérieure, une rage indicible, qui me fit jeter la main en avant et saisir le bijou au vol. Je me rappelle la très nette sensation de brûlure sur ma paume, comme si la pierre avait été chauffée à blanc. Alors, j’entendis ma voix désarticulée hurler :

 

« Metamorphic Ruby ! »

 

Je jure que je ne sais pas du tout d’où ça m’est venu. Jamais il ne me serait venu à l’idée de crier un truc pareil, et surtout pas dans ce genre de situation. Mais je l’ai fait, et j’ai senti... comment dire... j’ai senti le monde autour de moi se réorganiser. Je crois qu’il n’y a pas de description plus précise. Après tout, les choses se passèrent en un éclair. Je me sentis pousser vers l’avant, faisant basculer mon assaillant qui, miraculeusement, n’avait plus l’air aussi féroce qu’avant. Je sentis quelque chose dans ma main droite, et je trouvai tout naturel de l’abattre sur la tête du chasseur. Avec ma main gauche, j’essayai de me rattraper à quelque chose. Le temps que je comprenne ce qu’il m’était arrivé, je me retrouvai à genoux au-dessus d’un guerrier noir suffocant, une épée profondément plantée dans le crâne, et une deuxième dans la poitrine.

 

Mes yeux s’agrandirent. Je tenais entre mes mains deux épées sorties de nulle part. Et puis, je me sentais plus... à l’aise dans mes vêtements. Mon uniforme avait dû se déchirer. En tentant de vérifier cette hypothèse, je m’aperçus que je n’étais plus du tout en uniforme. Je portais une espèce de jupe en lames métalliques, et des sandales lacées tout autour des mollets. Je ne pris pas vraiment le temps de regarder en haut, mais c’était une sorte de pièce d’armure pour protéger le torse. Ce qui me frappa vraiment c’était le fait qu’il y avait un emplacement exprès pour que le médaillon vienne s’y loger naturellement.

 

« Aki-chan ! »

 

Je me retournai. Reiko-senpai, Shunsuke-kun et Yasushi-kun se tenaient là, me regardant avec des yeux ronds. Apparemment, ils avaient assisté à la scène.

 

« C’est quoi cette transformation ? » s’écria Shunsuke.

« Je... je ne sais pas » répondis-je, quelque peu désorientée.

« Tu veux nous faire croire qu’il y a une formule qui t’est venue comme ça ? » lança Yasushi, dubitatif.

 

Mes réflexes naturels ne tardèrent pas à revenir.

 

« Eh bien oui ! m’écriai-je. Maintenant, tu m’excuses, mais j’ai une bataille à gagner ! »

 

Et, sur ce, je me retournai et m’élançai à l’assaut des chasseurs noirs en poussant un cri de guerre hargneux. Je ne savais pas ce qui les impressionnait le plus, de ma transformation ou de ma rage de vaincre, mais en tout cas, je leur fis de l’effet, car ils se mirent à hésiter. Certains interrompirent leurs barbaries pour voir ce qu’il se passait, tandis que d’autres commençaient déjà à reculer. Je ne pris pas de temps pour les civilités d’usage, et donnai des coups d’épée en tous sens, écorchant les retardataires. Derrière moi, j’entendis des voix crier :

 

« Metamorphic Sapphire ! »

« Metamorphic Emerald ! »

« Metamorphic Amethyst ! »

 

En les voyant courir, je fus surprise de voir qu’en réalité, les guerriers noirs étaient très peu. Peut-être une vingtaine, à tout casser. Comme quoi, la survie d’une nation entière tient parfois à peu de choses. Certains, plus téméraires que les autres, tentèrent de me provoquer en duel. Il étaient rapides, féroces, sanguinaires. Mais j’étais armée, et protégée. Et, avec la rage au coeur, j’étais au moins tout aussi féroce qu’eux. L’un d’eux tenta une feinte pour m’attaquer aux jambes et me déséquilibrer. Je plaçai instinctivement une épée en biais devant moi, et il s’empala dessus avec un râle atroce. Simultanément, un autre tenta de me sauter à la gorge, mais je me baissai et son visage rencontra la lame de ma seconde épée.

 

Je crus que ma frénésie meurtrière allait trouver un terme prématuré au moment où je me fis agripper par l’arrière. Je sentis un souffle chaud, et une haleine carnassière, près de mon cou. Mais la morsure du vampire ne vint pas. Au lieu de ça, l’étreinte se relâcha, et j’eus le loisir de me retourner pour comprendre ce qu’il venait de se passer. Reiko-senpai, Shunsuke-kun et Yasushi-kun se tenaient là, tous aussi bizarrement accoutrés que moi. Shunsuke avait une tenue en cuir, et une cape verte aux reflets étranges. Reiko portait une combinaison bleue qui était à mi-chemin entre l’armure et la mini-jupe. Yasushi, quant à lui, était paré d’une étrange robe pourpre richement décorée.

 

Reiko-senpai était en train de tirer sur une espèce de corde qui tenait mon agresseur au cou. Celui-ci, étranglé, s’affaissait lentement à terre. Reiko relâcha son étreinte, et fit claquer comme un fouet ce que j’avais pris précédemment pour une corde. Dans un cliquetis métallique, ce que je venais de prendre pour un fouet se reconstitua.

 

« Pratique, cette petite épée-serpent ! » approuva sa propriétaire, enjouée.

« Nous nous extasierons plus tard, Sapphire-chan » déclara Yasushi-kun, l’air sombre.

 

Je ne savais pas d’où lui était venue cette idée subite de s’appeler par des noms de pierre précieuse, mais je la trouvai parfaitement ridicule. Sans attendre, nous nous élançâmes à la poursuite des fuyards. Nous fûmes bientôt rejoints dans notre course par un Katsuo dans une épaisse armure dorée, reflétant la lumière du soleil d’une façon telle qu’il était difficile de la regarder plus de quelques secondes. Il nous salua fièrement d’un signe de la tête.

 

Les guerriers noirs s’engouffraient dans le fleuve, et nageaient avec énergie. Je savais que nos chances de les rattraper étaient minces, surtout pour les autres qui n’étaient pas aussi sportifs que moi. Cela ne sembla pas déranger Reiko-senpai, qui me devança et fit un magnifique plongeon. Je la suivis sans hésiter. Nous voyant prendre leur suite, cinq chasseurs échangèrent de rapides signes de tête, et commencèrent à se retourner. Je me mordis les lèvres. Apparemment, j’avais eu tort de considérer que ces barbares ne savaient pas faire preuve de stratégie. Reiko s’arrêta en plein milieu du fleuve et tenta d’atteindre les créatures avec son épée-serpent, mais celles-ci esquivaient facilement. Ce n’était pas bon. Ils allaient nous rattraper et, dans l’eau, nos armes ne valaient pas grand-chose. Je tentai d’attraper le bras de Reiko-senpai pour l’inciter à faire demi-tour, mais elle se déroba.

 

Les chasseurs n’étaient plus qu’à quelques mètres de nous et s’approchaient à grande vitesse, quand j’entendis une voix, derrière nous, s’écrier :

 

« Pearl Frost ! »

 

Aussitôt, l’eau refroidit autour de moi et se solidifia. Immobilisée, mon premier réflexe fut de me demander quel était le sombre abruti qui avait fait ça. Mais je m’aperçus alors que la glace s’étendait et qu’elle faisait également prisonniers nos assaillants. L’un d’eux, cependant, parvint à se dégager et utilisa la glace pour se donner une impulsion. Il fut arrêté net dans son élan par une flèche qui l’atteignit en plein coeur, le remettant immédiatement à l’eau. Je tournai la tête. Tomoko, un arc à la main, esquissait un petit sourire triomphant.

 

Les autres se mirent à courir sur la glace, et nous aidèrent à nous sortir de la glace.

 

« Quelle idée de vous jeter à l’eau comme ça ! » s’écria Shunsuke-kun tandis que nous reprenions notre course.

« J’étais capitaine de l’équipe de natation au lycée, il faut bien que ça serve à quelque chose » répliqua Reiko-senpai d’un ton pincé.

 

Finalement, le temps que nous avions perdu devant le fleuve, nous le rattrapâmes grâce au pont de glace que Tomoko-chan avait fabriqué. Une cinquantaine de mètres plus loin, les guerriers noirs étaient en train de disparaître à l’intérieur d’un bâtiment en ruine. Sans doute ce qu’ils avaient choisi comme quartier général. Les autres commençaient à peiner, mais moi, je continuai à courir comme une dératée après les créatures noires. Je franchis à toute vitesse le seuil du bâtiment, et me dirigeai vers le sous-sol, où je pouvais entendre du grabuge. Je descendis l’escalier quatre à quatre pour m’apercevoir qu’il plongeait dans l’obscurité totale. Arrivée tout en bas, je me mis à tâtonner, cherchant désespérément des points de repères. Je sentais des présences face à moi. Comme de vrais félins, les guerriers noirs devaient voir dans le noir. Et comme de vrais félins, ils étaient terriblement silencieux.

 

Je me mis à donner des coups d’épées dans tous les sens, en espérant, sinon en toucher un, au moins les éloigner suffisamment pour me permettre de progresser. Je sentis quelque chose m’attraper la jambe. Je me débattis comme une folle, frappant frénétiquement mes épées contre le sol. J’entendis les autres s’attrouper à l’étage supérieur.

 

« Vite ! A l’aide ! » m’écriai-je.

 

Alors que je me faisais saisir une nouvelle foi au cou, Katsuo débarqua et hurla d’une voix puissante :

 

« Golden Blind ! »

 

Une lumière aveuglante envahit le couloir, et aussitôt les créatures déguerpirent en lançant des cris effarouchés, qui ressemblaient davantage à des crissements d’ongles sur un tableau. Sans perdre de temps, nous repartîmes, guidés par l’armure de Katsuo qui, je ne sais pas quel miracle, projetait une lumière vive, déchirant l’obscurité ambiante. Finalement, nous arrivâmes dans une pièce, basse de plafond. Un des guerriers qui nous précédait de peu s’y jeta, à même le sol, et disparut comme pra enchantement. Interdite, j’observai la cave. Il n’y avait plus personne, sinon ce que je qualifierais de l’équivalent d’un vieillard chez les guerriers noirs. En plus de ses cheveux, il avait une longue barbe. Comme ses congénères, il était voûté, mais l’on sentait à la forme de son dos que ce n’était pas simplement une attitude prédatrice chez lui. Il était en train de ricaner bêtement de sa voix éraillée.

 

Sans attendre, je me précipitai vers lui et le saisit à la gorge.

 

« Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? » ciria-je en le menaçant de mon épée.

 

Le vieillard renifla bruyamment et, sans cesser ses ricanements, il leva un doigt tremblant vers les autres.

 

« V... V... Vous ! » articula-t-il avec difficulté.

 

Alors, avant même que je n’aie le réflexe de l’embrocher, je sentis le sol se dérober sous mes pieds.

 

 

Par Perlune - Publié dans : Ecritures - Communauté : Pensées d'ailleurs
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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 14:30

 

The girl strode quickly along the corridors. She knew she had very little time. Since she had never been allowed in the palace, she’d had to ask the way to the royal chamber. At first, guards hadn’t agreed to let her inside. But a pinch of her powers had been more than enough to change have them their mind. She smiled at that thought. Humans were so terribly weak.

 

She went up a large staircase, and eventually came in front of a gate. It was also guarded. But the two girls there weren’t ordinary guards. She sighed. She knew they had to cross her way before she reached her goal.

 

One of them immediately sighted her.

 

‘Hey, you! What’re you doing here?’

‘You shouldn’t be rude like this, Mars,’ the girl answered. ‘Don’t you recognize me?’

 

The red-suited Guardian’s eyes narrowed.

 

‘You...! It’s really not the time for you to be here!’

‘On the contrary... I think it’s perfect timing.’

‘Then you’re thinking wrong!’

‘Mars!’

 

The other Guardian stepped in. She didn’t seem angry, like her friend, but she clearly looked worried.

 

‘Mercury,’ the girl nodded at her. ‘How’re you doing?’

‘Please, spare me the teasing.’

‘I was just trying to be polite. It’s you who taught me how much important it is to be.’

‘There is a time for policy, and a time for action. What is it that you want?’

‘To fulfil my mission, of course.’

‘What mission?’ Mars blurted out.

‘It’s no business of yours. It’s exclusively between me and Serenity-sama.’

 

The girl in red laughed.

 

‘Serenity-sama would never give you a mission of any sort without telling us!’

‘Yet she did. Now if you would be so kind as to let me pass...’

‘You’re not going through! Is that clear?!’

‘Please calm down, Mars,’ Mercury said. ‘We can’t let you go inside. We have strict orders.’

‘Oh, come on, don’t give me that shit. We’ve seen things together, haven’t we? Since when d’you follow Serenity-sama’s orders?’

‘You’re not in position to judge us. Now please leave.’

 

The girl sighed.

 

‘It’s really a shame we Sailor Guardians cannot work as a team.’

‘We do,’ Mars snapped. ‘You’re not in the team, that’s all.’

‘How cruel. When I think of everything I've achieved to be allowed into your little sorority...’

‘Ha! Stop it, you’re gonna make me cry!’

‘Your whining isn’t going to change anything,’ Mercury stated. ‘We have a serious crisis at hand, and we really don’t need you to mess things up.’

‘You really don’t understand, do you? Serenity-sama requires assistance right now. She needs me!’

‘There’s nothing you can do for her! Nothing at all!’

‘Let me in, and see for yourself.’

‘Never! Over my dead body!’

 

The girl smirked. She knew it eventually had to come to this. Humans were so... predictable. Prisoners of their weaknesses. She dropped her hood, showing her dark hair and clear eyes.

 

‘Okay,’ she said slowly. ‘I had hoped for things to go more smoothly, but... Over your dead body, you say? Let’s do it that way then.’

 

Mars and Mercury squared up. They knew their opponent very well. But they didn’t know themselves enough to win this battle.

 

 


 

 

The girl threw her cloak away. She had no need to hide anymore. Soon, guards were going to find Mars and Mercury unconscious, and ring the alarm. She had to act fast. She strode forward and pushed the gates. Serenity-sama was inside the chamber, crying in the arms of a third Guardian. The forth one turned around as she heard the gates creak. Her eyes widened when she spotted the newcomer.

 

‘What the hell are you...?’

 

The girl pondered for a moment. She couldn’t afford to waste time like she had done with Mars and Mercury. None of them would hear what she had to say anyway, nor would they understand. She swiftly moved her arms forward and shouted ‘SOLAR ECLIPSE!’. The green-suited Guardian stood there for a moment, staring blankly with a faint look of surprise. Then she fell heavily to her knees, and began muttering to herself.

 

‘That’s right,’ the girl urged her on. ‘You’re lonely, no one cares for you, and–’

‘Jupiter!’

 

The last Guardian suddenly let go of Serenity-sama and stood up. She quickly reached to Jupiter in order to provide her assistance.

 

‘You traitor!’ she addressed the girl. ‘How dare you take advantage of us at a time like this?!’

‘Don’t speak ill of what you have no idea about,’ the girl mumbled as she stepped forward, getting closer to Serenity-sama.

 

The Guardian immediately left Jupiter, to come between the girl and the Queen.

 

‘I just need to talk to her.’

‘You’re not getting anywhere! In the name of Venus, I shall punish you!’

‘If you say so...’

 

Venus raised her arms and started drawing a heart shape in the air. The girl smirked - she identified this attack at once. She moved her left foot back, ready to counter. As the orange-suited Guardian called ‘LOVE-ME CHAIN!’, she answered ‘GRUDGE SPIRAL!’. A chain made with heart-shaped links came in her direction and surrounded her. But instead of squeezing her, it began to spin even faster, and with a movement of the hips, she returned it to the sender. Taken by surprise, Venus cried as she was struck hard by the chain. She fell back, tightly tied.

 

The girl didn’t take time to taunt her victims. She went straight to Serenity-sama. The Queen was still crying heavily, but she stopped to stare in horror at her as she came closer.

 

‘Serenity-sama... look at me...’

 

The Queen shook her head wildly. She seemed really frightened.

 

‘Please, your Majesty...’ the girl begged softly. ‘I’m here to abide by your wishes. Don’t you remember the promise you had me make some years ago?’

 

Serenity-sama crept backward.

 

‘No... please... go...’

‘I’m not going anywhere, Serenity-sama. Wake up! You need to face the truth!’

‘I... can’t... please, pretty please... go...’

‘Serenity-sama!’

 

The girl reached to the Queen and shook her shoulders. She had hoped for her to come to her senses, but her look was desperately blank. And when she let go of her, the Queen fell motionless to the ground. The girl stared in disbelief as she spotted crimson liquid spreading on the ground. She pushed the body to her side, only to find a dagger, firmly jabbed in her robes. Freaking out, she grabbed the weapon and pulled it out. She immediately regretted her gesture as a pack of guards entered the chamber, and Venus screamed ‘Murderer!’.

 

The girl closed her eyes. Maybe Mercury had been right, after all – she had completely messed things up.

 

 


 

 

‘I am ashamed. When I think that I was the one who suggested Serenity-sama to make you into a Sailor Guardian...’

‘Spare me the lecture, Pluto,’ the girl sighed. ‘It was a mere snag. We can change everything back.’

‘You’re really naive, aren’t you? Do you think it is as simple as to use the Portal everytime you make a mistake? Of all people in this world, you should know better.’

‘I made no mistake! Or maybe, yes, I did one – to flee the court, and to let these arrogant friends of hers ruin all of my efforts. Serenity-sama rejected me when she needed me most!’

‘Don’t blame the others for putting you apart. You have accepted your role, knowing from the beginning it was meant to be lonely.’

‘Who’s talking about feelings?’

‘You’re the one saying Serenity-sama rejected you. If she did, it means that you’ve failed her.’

‘Look, Pluto – I’m tired of you so-called guardians of justice telling me not to do this and not to say that. Serenity-sama had entrusted me with a special task, and yes – I did fail her. Now if you please, I have some tweaking in the past to do...’

‘You’ve done enough damage. I’m not letting you through.’

 

The girl clenched her teeth.

 

‘You’re all the same.’

 

She leapt forward, trying to go round Pluto, but the Guardian raised her staff and blocked her. She tried her solar eclipse attack, but her opponent deflected it with her weapon. Pluto was apparently not willing to use her special moves – which the girl was waiting for, but it seemed that she knew better.

 

‘What do you hope to achieve?’ the Guardian of Time called. ‘I dwell in the very fabric of time! You cannot possibly beat me!’

‘Every human has a weakness,’ the girl fired back.

 

While fighting to keep her opponent busy, she tried to think. Weakness. What kind of weakness could Pluto have? She was strong, smart, wise. Pretty much invincible. How could one defeat an invincible opponent?

 

‘Let’s stop this,’ Pluto said. ‘Go back to the palace and face your doom. The princess can take care of the Kingdom.’

 

The princess? The girl recalled the words Mars had uttered a while ago – over my dead body!

 

Pluto was starting to become fiercer. The girl knew she had to find a solution very quickly if she wanted to get out alive. Think! Pluto is invincible because she is everywhere, everytime... She knows the future and the past... She does not belong in the present... She does not...

 

The girl smirked.

 

‘Hey, Pluto! Haven’t showed you my brand new attack, have I?’

 

The woman suddenly looked puzzled. Without waiting for an answer, the girl waved her arms in all directions. Pluto carefully stood back, observing her opponent’s strange dance. Suddenly, the girl leapt in the air yelling ‘SHADOW WAVE!’. She landed right in front of the Guardian of Time, who was ready for her, and threw her arms forward. Pluto immediately waved her staff to deflect the beam that was bound to come out. But when she realised that nothing had came out, it was too late. The girl had already thrown herself to the ground, and chopped her legs down. Pluto let out a scream as she swayed, and fell off the platform which was leading to the Portal. She barely had enough senses to firmly grasp the ledge.

 

The girl stood up and dusted her suit. Then she looked down with a vicious smile.

 

‘Like I said before – every human has their weaknesses. As for you... you should know that I haven’t got any brand new attacks. You knew all of them from the start – after all, you do dwell in the very fabric of time. Serves you well, Sailor Pluto.’

 

Suddenly, a low, spooky voice arose from behind her.

 

‘Nicely done, Lilith.’

 

The girl closed her eyes.

 

‘Please don’t mention it.’

‘On the contrary. You have proven incredibly crafty. Thanks to you, the Portal is mine now!’

‘What is that?’ Pluto addressed the girl in horror.

‘My mission,’ she simply answered. ‘I hope you understand better now, why I couldn’t tell anyone about it.’

‘You’ve betrayed us! Curse you!’

‘It’s just as you said,’ the girl called while walking away. ‘I was meant to be lonely, from the very beginning. Farewell, my friend.’

 

She had hoped for more proper goodbyes, but given the awkward situation, there was hardly anything else she could do. She did her best not to show anything while she crossed the glowing surface of the Portal.

Par Perlune - Publié dans : Ecritures
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Mardi 21 septembre 2010 2 21 /09 /Sep /2010 12:41

Il est vrai que j’aurais pu y réfléchir au moment où c’était arrivé. Shunsuke n’avait pas pu s’échapper de ma chambre derrière mon dos. La seule hypothèse plausible aurait été qu’il passe par la fenêtre, sachant que du troisième étage, ça fait quand même un sacré saut. L’autre hypothèse, pas plausible du tout celle-là, c’était qu’il soit passé... à travers le mur. Si quelqu’un m’avait dit ça, je lui aurais mis une droite. Mais là, je venais de le voir avec mes propres yeux.

 

Nous étions sept dans le bureau de Nagamiya-sama.

 

Katsuo Wakahisa, syndrome d’Orgueil.

Tomoko Yukimura, syndrome de Paresse.

Shunsuke Yamauchi, syndrome d’Envie.

Reiko Hamasaki, syndrome de Gourmandise.

Yasushi Kurosawa, syndrome d’Avarice.

Manami Miyamoto, syndrome de Luxure.

Et moi. Une belle bande de bras cassés.

 

Il s’étaient tous assis autour du bureau, à part Katsuo, sans doute pour bien se faire voir, et moi, qui n’en avais pas envie. Le proviseur nous considéra tous un long moment, avant de commencer son discours.

 

« Je vous ai convoqué tous les sept, parce que vous avez tous un point commun. Vous avez tous dans vos affaires quelque chose de précieux. Quelque chose qui n’aurait pas dû échapper à la fouille que vous avez subi en entrant dans ce lycée. S’ils sont restés bien cachés dans vos chambres, c’est parce que je l’ai décidé ainsi. Je me suis dit qu’à l’insu de tous, ils seraient plus en sécurité. »

« Vous parlez de mon médaillon ? Qu’est-ce qu’il a de si spécial ? » demanda Reiko, dubitative.

« Je pense que vous le verrez bien assez tôt par vous-mêmes, Hamasaki. Commencez donc par le sortir. »

 

Incrédule, je regardai les autres sortir de leur sac, ou de leurs poches, un bijou. Ils se ressemblaient tous à première vue. A la deuxième, je m’aperçus qu’en réalité, la pierre était d’une couleur différente sur chacun.

 

C’est alors qu’il se passa quelque chose d’étrange. Le médaillon que Reiko avait sorti était orné d’une pierre rouge sang. Dès que je la vis, je ne parvins pas à en détacher mon regard. Du rubis, c’était du rubis. Quelque chose en moi criait que ce médaillon m’appartenait, qu’il était à moi. Le rubis, c’était moi. Dans un élan incontrôlé, je me jetai en avant et m’emparai dudit médaillon. Reiko ne sembla pas s’en formaliser, elle-même hypnotisée par Katsuo et son médaillon bleu. De toute façon, je m’en foutais. J’avais récupéré mon médaillon. Immédiatement, un sentiment de grand soulagement m’envahit.

 

Tout se passa en quelques secondes. Comme moi, chacun s’était jeté sur le médaillon que tenait un autre. Et, tout aussi bizarrement, personne n’avait cherché à retenir sa possession d’origine – sauf Yasushi, évidemment, qui tenait farouchement un médaillon blanc hors de portée du bras paresseux de Tomoko.

 

« Allez, donne... » gémissait-elle avec un manque d’entrain absolument consternant.

 

Nagamiya-sama dut intervenir, et promit à Yasushi une sanction exemplaire s’il continuait à céder à son Avarice de la sorte. Ce différend réglé, nous nous regardâmes tous. Nous nous sentions tous un peu bêtes, je pense. Nagamiya-sama, elle, semblait particulièrement satisfaite.

 

« C’est bien ce que je pensais, dit-elle. Vos médaillons ont été mélangés à la naissance. »

 

Reiko fronça les sourcils.

 

« Mélangés ? Vous voulez dire que... nos familles se connaissent toutes ? »

« C’est probable. En tout cas, on ne peut pas nier qu’ils ont tous été conçus par la même personne. »

 

En examinant de plus près le médaillon au rubis que j’avais soutiré à Reiko, je ne pouvais qu’approuver. Il était en tous points semblable à celui que j’avais gardé avec moi pendant toutes ces années, à part la pierre, bien entendu. Et le message, lui aussi, était différent. Il disait : « Je conquiers l’invincible ». Je ne sais pas pourquoi, mais ce message-là me semblait particulièrement parlant.

 

Shunsuke, qui avait piqué mon ex-médaillon, dut se faire la même réflexion, car il s’écria aussitôt :

 

« Je traverse l’infranchissable... Comme j’ai fait, en traversant le mur ! »

 

Les regards de ceux qui n’avaient pas assisté au miracle se tournèrent vers lui.

 

« Quoi ? C’est vrai ! J’ai des témoins ! »

« Je pense que ces médaillons peuvent conférer à leur porteur des pouvoirs qui dépassent notre entendement, intervint Nagamiya-sama. Des pouvoirs qui vous mettent potentiellement au-dessus du reste de l’humanité. »

« Vraiment ? s’écria Katsuo, visiblement très intéressé. Mais... comment est-ce possible ? »

« Je suppose que vous avez entendu parler de la légende des Seigneurs de la Loi. Celle qui dit qu’il y a longtemps, les forces du Chaos ont tenté d’asservir notre monde. Heureusement, sept héros hors du commun se sont dressés contre elles, et les ont repoussées. Sept héros porteurs de gemmes magiques, qui leur donnaient des pouvoirs surnaturels. Chacun d’eux possédait une vertu qui le rendait incorruptible par la malice des Chaotiques. En fait, c’est eux qui auraient fondé les lois de notre monde de vertu, afin d’éviter que le peuple puisse être à nouveau corrompu, si jamais le Chaos revenait... »

 

Il y eut un moment de silence.

 

« Ce n’est qu’une légende », lâcha Reiko.

« Peut-être, mais la réunion de ces sept médaillons, et le fait que vous ayez chacun trouvé le vôtre, sans prendre la peine de vous concerter, ne fait que confirmer ma théorie : vous êtes les héritiers des Seigneurs de la Loi. »

 

A nouveau, un instant de flottement. Et puis, je ne sais pas ce qui m’a pris. Je me suis mise à rire. Pas sarcastiquement, pour de vrai, de bon coeur. Tout ça était trop absurde. Trop bizarre. Trop délirant. J’étais sur le point de me faire enfermer à vie, et là on m’annonçait que j’étais une élue chargée de sauver le monde, tout ça parce que je tenais entre mes mains un pauvre bijou qui faisait vaguement penser à une légende créée de toute pièce pour laver les cerveaux des jeunes enfants. A croire que Nagamiya-sama elle-même s’ennuyait dans ce monde trop parfait, et ressentait le besoin urgent de se monter un gros trip.

 

Je ris pendant un bon moment. Tous me regardaient, dubitatifs. Ca me faisait rire encore plus.

 

« Qu’y a-t-il, Ishikawa ? » demanda le proviseur.

 

J’inspirai un bon coup pour me calmer, puis plantai mes yeux dans les siens.

 

« Nagamiya-sama... vous nous prenez vraiment pour des abrutis finis ! »

 

Bizarrement, elle rit aussi.

 

« Je n’oserais pas penser ça des Seigneurs de la Loi... »

« Vous n’avez pas l’impression qu’il y a un petit problème ? intervint Reiko. Vous nous dites que vos Seigneurs de la Loi représentaient chacun une vertu, et vous nous dites que nous sommes leurs héritiers... vous nous avez bien regardés ? »

« De mon expérience dans ce lycée, je n’ai jamais vu deux pécheurs qui se ressemblaient. J’imagine que même des cas désespérés comme vous peuvent avoir certaines qualités... »

« Pourquoi vous nous dites tout ça ? demanda Yasushi. Qu’est-ce que vous attendez de nous ? »

« J’en ai déjà parlé à Ishikawa... mais ça n’a pas eu l’air de l’inspirer outre mesure. »

 

Tout les regards se tournèrent vers moi. Tous autant qu’ils étaient, je les soutins. Nous étions sept pécheurs désespérés, chacun avec son propre bracelet, taches entre les taches dans un monde de paix et d’amour. A force d’oublier la violence, la méchanceté, l’envie, ce monde trop parfait était devenu inoffensif. La Légion Noire allait le balayer d’un seul coup. Quelques jours pour détruire le résultat de siècles de construction. Toute l’histoire de ma vie.

 

Alors, c’était à nous, les pécheurs, nous qui nous rappelions comment être méchants, égoïstes, cruels, envieux, que l’on demandait de sauver la mise. Quelle ironie.

 

« On dirait que votre monde de vertu a bien besoin d’un peu de péché » lançai-je à l’adresse de Nagamiya-sama.

« Si vous réussissez, vous reviendrez en héros. Les gens vous considèreront sous un jour différent. Et puis, vous pourrez changer les règles qu’ont instaurées vos ancêtres... Après tout, c’est votre vocation, en tant qu’héritiers de la Loi... »

 

Changer le monde... Aucun doute, Nagamiya-sama avait la conviction que nous allions y rester.

Par Perlune - Publié dans : Ecritures - Communauté : Pensées d'ailleurs
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  • littérature écrivain astrologie jeu de rôles MBTI
  • Psychologue-astrologue-musicien-écrivain. Main-d'Air d'après la chiromancie. Jupitérien/lunaire d'après l'astrologie moderne. ENFJ d'après le MBTI. De l'arcane de la Papesse (II) d'après le tarot.

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